La Cour internationale de justice (CIJ) a déclaré vendredi qu'elle tiendra des audiences le 10 avril à la suite d'une plainte du Soudan contre les Emirats arabes unis, accusés par Khartoum d'être complices d'un génocide au Darfour-Occidental.
Le Soudan soutient que les Émirats arabes unis sont "complices du génocide des Massalits", une communauté au Soudan, en raison de leur soutien présumé aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).
Les Émirats arabes unis, qui ont nié à plusieurs reprises soutenir les FSR, ont aussitôt dénoncé la plainte du Soudan, déposée le 5 mars, comme un "coup de communication" et estiment que la CIJ devrait rejeter la demande de Khartoum.
Le Soudan a appelé la CIJ, qui statue sur les différends entre pays, à émettre des ordonnances d'urgence - des "mesures provisoires" dans le vocabulaire de la cour - notamment pour forcer les Émirats arabes unis à payer des réparations.
Les décisions de la CIJ sont juridiquement contraignantes, mais la cour n'a pas le pouvoir de les faire appliquer.
Khartoum a exhorté la cour à agir rapidement "pour assurer la protection urgente et la plus complète possible de la population civile soudanaise qui reste exposée à un risque grave et immédiat de poursuite et de nouveaux actes de génocide".
"Les Émirats arabes unis alimentent la rébellion et soutiennent la milice qui a commis le crime de génocide au Darfour-Occidental", est-il écrit dans la requête du Soudan.
Le conflit qui oppose depuis avril 2023 l'armée soudanaise aux paramilitaires des FSR a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé plus de 12 millions de personnes et engendré un désastre humanitaire.
Des experts des Nations unies ont déclaré que les accusations selon lesquelles les Émirats arabes unis auraient acheminé des armes aux FSR via le Tchad étaient "crédibles".
Les Emirats ont promis aux États-Unis en décembre qu'ils n'armeraient pas les FSR. En échange, des parlementaires devraient mettre fin à leur tentative de bloquer des ventes d'armes à cette puissance du Golfe, estimées à 1,2 milliard de dollars.
En janvier, ces parlementaires ont déclaré que les Émirats arabes unis avaient rompu leurs promesses et continuaient de fournir des armes aux paramilitaires soudanais.