Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu a condamné mercredi la violation par Israël de la trêve à Gaza et a exigé que le pays assume sa responsabilité d'y "prévenir le génocide".
Le principal organe de défense des droits de l'homme des Nations unies a adopté à une écrasante majorité une résolution présentant une longue série de demandes à Israël, l'invitant notamment à "lever son blocus illégal" sur Gaza.
Le texte exprime "une grave préoccupation face aux déclarations de responsables israéliens qui s'apparentent à une incitation au génocide, et exige qu'Israël respecte sa responsabilité légale de prévenir le génocide".
Adopté par 27 des 47 membres du Conseil, quatre votant contre et 16 s'abstenant, ce texte déplore "la violation par Israël de l'accord de cessez-le-feu".
Le vote sur ce texte, proposé par la plupart des membres de l'Organisation de la coopération islamique, est intervenu après qu'Israël a repris, le 18 mars, d'intenses bombardements sur Gaza préparant une nouvelle offensive terrestre, mettant fin à un cessez-le-feu de près de deux mois.
La résolution exige "une assistance humanitaire sans entrave et le rétablissement urgent des produits de première nécessité pour la population palestinienne de la bande de Gaza".
Elle dénonce "l'utilisation de la famine des civils comme méthode de guerre" et appelle tous les pays à "prendre des mesures immédiates pour empêcher la poursuite du transfert forcé de Palestiniens à l'intérieur ou à partir de la bande de Gaza".
Israël boycotte le Conseil, qu'il accuse de partialité, et n'était pas présent lors du vote. Il a catégoriquement rejeté les accusations répétées de "génocide" dans le cadre de sa guerre à Gaza, qui a éclaté après les attaques meurtrières du Hamas à l'intérieur d'Israël le 7 octobre 2023.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, 50.399 personnes ont été tuées depuis l'attaque du Hamas qui a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles. Sur 251 personnes enlevées, 58 sont toujours otages à Gaza, dont 34 sont mortes selon l'armée.
Plusieurs pays, dont la République tchèque qui, avec l'Allemagne, l'Éthiopie et la Macédoine du Nord, a voté contre la résolution, ont pris la parole mercredi pour déplorer le manque d'"équilibre" du texte, qui ne mentionne pas le Hamas.