Négationnisme: 6 mois de prison avec sursis requis contre Faurisson

Le parquet a requis mardi six mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende contre Robert Faurisson pour des propos négationnistes, que le prévenu a revendiqué à la barre du tribunal correctionnel de Paris, affirmant qu'il "n'y a pas eu d'extermination".

M. Faurisson, 86 ans, était poursuivi pour des propos dans un portrait-entretien intitulé "un homme, Faurisson", diffusé notamment sur deux sites internet dont les responsables présumés étaient également poursuivis.

Interrogé sur les propos poursuivis ("je ne crois pas aux chambres à gaz nazies", "la prétendue chambre à gaz", ou encore "totale bouffonnerie"), la figure de proue du révisionnisme a revendiqué: "Il n'a existé aucun camp d'extermination, il a existé des camps de concentration, des camps de travail, et il n'y a pas eu d'extermination, c'est tout à fait clair".

Dénonçant la loi Gayssot réprimant la contestation du génocide juif, qualifiée de "loi pour moi, lex Faurissonia", il a asséné: "Je sais que j'enfreins la loi, je continuerai d'enfreindre cette loi, de résister à la force injuste de la loi, vous pouvez m'envoyer en prison". "Mes écrits révisionnistes font déjà 7 volumes, ils en feront 10", a-t-il ajouté, tout en assurant que "ma vie est invivable" et que "mourir demain serait une bonne nouvelle".

A la présidente qui lui demandait si "+il n'y a pas eu de chambres à gaz à Auschwitz ni ailleurs+, c'est bien ce que vous voulez dire", il a répondu "parfaitement", avant de se dire "stupéfait" par le fait que seules deux condamnations préalables figurent à son casier judiciaire, car "j'en ai au moins douze".

La procureure, estimant les faits "parfaitement constitués", a dénoncé "le contexte de haine qui continue à se répandre par ces propos révisionnistes", dénoncés comme "une insulte, une injure, une deuxième mise à mort" pour les victimes ou leurs descendants.

Elle a par ailleurs réclamé 5.000 euros d'amende contre chacun des deux prévenus accusés d'avoir mis en ligne les vidéos.

La défense de M. Faurisson, tout en reconnaissant "le délit constitué et reconnu", a plaidé la relaxe sur des points techniques de droit.

Le défenseur du premier prévenu poursuivi pour avoir mis le reportage en ligne, et par ailleurs auteur du film, a plaidé la relaxe, assurant qu'il avait été diffusé par quelqu'un d'autre impliqué dans la confection, suite à un différend. Celui du second a aussi plaidé la relaxe, au nom de la "liberté de publier une oeuvre libre sur un homme libre".

Jugement le 15 septembre.

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