"Si les témoins viennent, fournis par le Rwanda, à travers Ibuka et AVEGA, devant ce Tribunal, en croyant que les avocats vont croiser les bras et les regarder faire leurs scènes et pleurer et s'en aller, et comme ça les gens seront condamnés, je crois qu'ils se sont trompés", a déclaré Me Jean Yaovi Degli, l'avocat franco-togolais du général de brigade Gratien Kabiligi, en sa qualité de secrétaire général de l'Association des avocats exerçant au TPIR.
"Quand ils viendront, ils seront contre-interrogés proprement et dans la bonne règle", a souligné Me Degli, expliquant que les contre-interrogatoires sont plus durs dans les pays du common law qu'au TPIR. "Si c'est un harcèlement, ils n'ont qu'à retourner au Rwanda", a ponctué Me Degli.
Mercredi, la deuxième chambre de première instance du TPIR a suspendu le procès contre l'ex-maire Juvénal Kajelijeli, après que le parquet ait annoncé que deux de ses témoins avaient refusé de comparaître.
La semaine dernière, la même chambre avait rayé dix témoins de la liste initiale fournie par le procureur dans un procès alternatif.
Dans un communiqué de presse rendu public le 13 mars dernier, le greffier du TPIR, le Sénégalais Adama Dieng avait annoncé la création d'une commission conjointe gouvernement rwandais-TPIR pour examiner notamment les allégations de harcèlement des témoins. Cependant, cette commission n'a pas encore commencé à travailler, les deux parties ne s'étant pas entendues sur son mandat.
Dans une lettre ouverte adressée le 21 mars au greffier du TPIR, l'Association des avocats avait déclaré que la création de cette commission constituait une violation des statuts du TPIR.
GA/AT/GF/FH (TE-0410a)